Et on a bien raison de dire qu'on ne connaît pas le prix de ce qu'on a avant de l'avoir perdu. Avant qu'on vous l'ait pris...Il est parti d'un coup, voyez-vous. Ça fait un gros choc, quand vous perdez quelqu'un de tellement proche que vous aviez oublié qu'il était là. C'est seulement quand vous découvrez qu'il y a un espace là où il n'y en avait pas avant que vous vous rendez compte. Ça fait un vide, un frisson, comme un courant d'air. Et vous vous dites : Il n'y avait pas quelque chose, là ? C'est à ce moment que vous comprenez...
De sorte que, voyez-vous, c'est cet espace qui m'est devenu cher. L'espace à côté de moi, le vide. Le manque. Si je le comblais, j'oublierais. Et je ne veux pas oublier. Tout ce qu'il me reste de lui, c'est le vide qu'il a laissé. J'y tiens beaucoup...
Les vides. On est tous pleins de vides. Ce sont les vides qui prennent le plus de place dans nos existences...
Keith Ridgway, Mauvaise pente