Un blog pour partager des émotions littéraires. Je lis, je prends des notes, je donne à lire ce qui me trouble, ce qui m'émeut, ce qui me bouscule.
A l'intérieur des yeux, le sommeil est une tache d'encre qui s'élargit. Erri de Luca. Le poids du papillon
Certains matins on croit au bonheur de juillet quand les draps en fleurs claquent sur les cordes tu renies alors la douleur des gares et cette femme qu'on voit de dos monter dans le premier train Louise Dupré. Noir déjà
J'ai bien peur que les parapluies n'attirent la pluie comme les sabres la bataille. L'un veut du sang, l'autre de l'eau. Et ça ne tarde guère. Dans ces pays où les gens sortent avec un parapluie, eh bien, il pleut presque toujours. Norge, Les cerveaux...
Des hommes libres, aux mères lointaines ou décédées marchaient sur les trottoirs. Marguerite Duras. Des journées entières dans les arbres
Les idées qui viennent la nuit, si on ne les dompte pas, finissent par prendre des proportions gigantesques. Hiromi Kawakami, Les années douces
Et quand je rencontre un mot pour la première fois, je m'arrête. Je vais chercher un dictionnaire... Et quand le mot me plaît, je l'écris dans mon carnet de mots nouveaux. Et je recopie la définition. Pour qu'on se reconnaisse si on se rencontre ailleurs....
Je me suis fait écrivain ou plus exactement je me suis laissé faire écrivain pour disposer d'un temps pur, vidé de toute occupation sérieuse. Christian Bobin. Autoportrait au radiateur
Proposer des mots à ceux qui n'en ont pas. Des mots aux démunis, aux délaissés, aux sans-voix. Pour qu'ils puissent entrer en eux-mêmes, desserer ce qui leur noue la gorge, apaiser leur souffrance. Charles Juliet. Journal V
Aujourd'hui, il m'arrive d'oublier ce qui me rend invisible au yeux des hommes, j'oublie que je vieillis. Michèle Lesbre. Un lac immense et blanc
Prenez le risque des mots et je vous comprendrai certainement. Raphaële Billetdoux. Mes nuits sont plus belles que vos jours
He venido encendida al desierto pa quemar Porque el alma prende fuego cuando deja de amar (Je suis venue enflammée dans ce désert pour brûler Car l'âme prend feu quand elle cesse d'aimer) Lhasa de Sela. El desierto
Ne te laisse pas paralyser par ceux qui t'ont précédé Ce qu'ils ont édifié ne te dispense ni de vivre ni de pénétrer dans l'arène Charles Juliet, Bribes pour un double
Si je reste un certain temps sans contempler de l'eau, j'ai l'impression que peu à peu, au fond de moi, quelque chose se perd lentement. Haruki Murakami. Autoportrait de l'auteur en coureur de fond
Mais les guerres n'en finissent jamais de dire leur dernier mot, de tuer à retardement, bien après les armistices et les accords de paix. Ainsi ces mines oubliées à fleur de terre, et qui soudain explosent sous les pieds d'un enfant parti jouer dans les...
Il est difficile de mesurer l'intelligence des hommes à leur nuque. Même si l'on prétend qu'ils ont souvent des idées derrière la tête. Allain Glykos. La signature
Un jour, la psy lui dira qu'il vaudrait mieux trouver d'autres moyens d'expression que ce corps qui bafouille, ça peut tuer. Michel Rostain. Le fils
Ecrire, c'est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots, autour des mots, parfois au coeur des mots. Sylvie Germain. Magnus
...les livres finissent toujours par mener leur propre vie... on n'écrit pas sur ce qu'on veut mais sur ce qu'on peut. Javier Cercas. Les soldats de Salamine
On grandit en se taisant, en fermant les yeux de temps en temps, on grandit en se sentant tout à coup très loin de tous les autres. Erri De Luca. Une fois, un jour
Si le monde nous échappe par excès de souffrance, on peut aussi le manquer par avarice de larmes. Chantal Thomas, Souffrir
La lune mêle nos ombres aux ombres des branches d'amandiers Une brise mêle nos voix aux cris intermittents des grillons Seuls nos pas résonnent à la source cachée qui chantant Tait le secret de cette nuit du monde François Cheng, Le long d'un amour
Ce n'est sûrement pas de briller Qui nous empêchera de tomber. Ce n'est sûrement pas de tomber Qui nous empêchera de rêver. Pierre Lapointe, Deux par deux rassemblés
L'adolescence me prit en traître et fit voler ma vie en éclats avec la fureur indifférente et anarchique d'un ouragan sans que personne ne s'en aperçoive. Mariapia Veladiano. La vie à côté
J'ai commencé à fouiller en moi comme un chien qui creuse le sol avec ses pattes. Et ce que j'ai trouvé au fond du trou ne m'a pas plu. Pas du tout. Jean-Paul Dubois. Les accomodements raisonnables
Si c'était la lumière qui tenait la plume, l'air même qui respirait dans les mots, cela vaudrait mieux. Philippe Jaccottet, Ce peu de bruits