Un blog pour partager des émotions littéraires. Je lis, je prends des notes, je donne à lire ce qui me trouble, ce qui m'émeut, ce qui me bouscule.
Heureux celui qui de l'aube ne garde au fond de lui qu'un peu de bleu, laissant glisser la lumière sur le monde après l'avoir un instant retenue dans ses yeux. André Rochedy. Le chant de l'oiseleur
Il y en a qui croient au destin. Il y en a qui ne croient en rien. Quelques-uns croient en tout. Quelques-uns croient. Personne ne sait rien. Personne. Stig Dagerman. Le chien et le destin
Ce n'est pas ce que nous sommes qui nous empêche de réaliser nos rêves; c'est ce que nous croyons que nous ne sommes pas. Paul-Emile Victor
J'ai voulu tout dire, pour qu'il ne reste que les secrets. Arthur Dreyfus. Histoire de ma sexualité
Dehors les ronces attendent La nourriture de leurs plaies Nos yeux errent sanglants Dans leurs noires harmonies L'eau sur ma peau Est une robe d'acide. Ananda Devi. Quand la nuit consent à me parler
La nuit : cette demeure... A. de Saint-Exupéry, Courrier Sud
Ecrire c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. Marguerite Duras, Ecrire
Je voulais écrire pour atteindre ce que ni mes lectures ni ma vie ne me permettaient d'atteindre. René de Ceccatty. Raphaël et Raphaël
Hôtel Terminus. Je me suis dit que j'aurais dû louer une chambre dans ce quartier. Si l'on habite près d'une gare, cela change complètement la vie. On a l'impression d'être de passage. Rien n'est jamais définitif. Un jour ou l'autre, on monte dans un...
Il suffit d'une mère pour que l'univers vienne vous traire. Christian Prigent. Ecrit au couteau
Qu'est-ce qui écrit en moi et pourquoi ce qui écrit en moi m'a-t-il choisi pour écrire puisque je suis incapable d'être à la hauteur de ce que ce geste suppose? Wajdi Mouawad. Le poisson soi
Je porte en moi tous mes visages passés, comme un arbre ses cernes. C'est leur somme qui fait de moi ce que je suis. Le miroir ne reflète que mon dernier visage, pourtant je connais tous ceux qui l'ont précédé. Tomas Tranströmer. Les souvenirs m'obse...
Longtemps le plus simple nous est inaccessible. Dominique Sampiero. La fraîche évidence
Ce qu'il voulait, c'était saisir l'instant, capter l'éphémère, rendre perceptibles les infimes variations du temps. J.B. Pontalis. Le dormeur éveillé
On m'avait mise à l'hôpital parce qu'une grande brèche s'était ouverte dans la banquise et m'avait séparée des autres. Janet Frame, Visages noyés
Un roman est une entaille faite dans le bois du temps. Philippe Forest, L'enfant éternel
Un jour, vous aussi vous mourrez. Quand viendra l'heure, posez-vous la question qui compte : "Ai-je fait un bel usage de ma présence au monde?" Si la réponse est non, ce sera trop tard, pour vous plaindre comme pour changer. Alors, n'attendez pas. Lyonel...
C'est que personne jamais ne m'a été indispensable. J'entends : mes amitiés oui, d'une authentique nécessité, une dalle fraîche où je pose la joue par jour d'orage. Laurent Girerd, L'attache aveugle
Le petit toit que forment les livres lorsqu'on les entrouvre, tranche tournée vers le ciel, est le plus sûr des abris. Chantal Thomas, Souffrir
Je voudrais mordre ma peur... Arnaud Cathrine et Florent Marchet, Frère animal
Si je ne pleure pas c'est que l'effroi a pris mes larmes. Nina Bouraoui, Mes mauvaises pensées
Ouvrir les yeux et voir que le monde est dehors. Serge Núñez Tolin. Lieu des jours. Revue N4728, n°19, janvier 2011
Le soir sur le chemin je ne rejoins que mes pas creusés comme un visage mais je sais que plus loin je suis aimé par un ruisseau. Thierry Metz. Tel que c'est écrit. Ed. L'Arrière-Pays
Ta part d'homme. Lentement tu la disputes. A la terre. Aux bêtes. A l'écart des dieux. Et s'ils te bénissent. Ce sera tard. Eux aussi vieillissent. Comptent-ils sur ta mémoire. Car toi. Pour eux. Que peux-tu. Jean-Claude Villain. Ithaques, Revue N4728,...
Ton absence est un puits profond sans écho Ton absence est un poignard rouillé dans ma chair Désormais tu n'es qu'une voix au téléphone Nedim Gürsel. Quarante poèmes courts pour une longue séparation. Nouvelles Editions Place